Archives pour: Juin 2010

21.06.10

Permalien 22:51:19 par Bénédicte, Catégories: Route, Compte-rendu

compte rendu de mon premier semi-marathon Cancale/St Malo

CR du semi Cancale/St Malo dimanche 13 juin 2010

21km100 en binôme

Tenter un semi-marathon.
Voilà ce que l’on me disait depuis quelques semaines, surtout depuis que j’améliorais mon temps sur chaque 10km couru. Le soleil et la douceur des températures m’ont aussi permis de faire des sorties de plus d’une heure le week-end avec plaisir. Je me sentais vraiment en forme, alors le 17 mai dernier, j’ai reçu un mail disant « je boucle les inscriptions pour le semi, tu viens ou pas ? ». Je me suis dit que c’est peut-être l’occasion de tenter. Tout est réuni, la forme, le plaisir et maintenant l’envie.
Marina n’étant pas étrangère à cette envie. J’ai commencé à courir avec elle en septembre dernier lorsqu’elle est venue rejoindre le groupe de coureur du midi à Cesson. Malheureusement, depuis novembre je ne peux plus accompagner ce groupe à cause de mon travail. Mais j’ai réussi à garder au moins deux entraînements par semaine, toute seule autour de chez moi. La retrouver sur les 10 ne faisait qu’augmenter la compétition entre nous et maintenant sur notre premier semi fut un réel plaisir !

Voilà, comment je me retrouve ce dimanche 13 juin 2010, sur la ligne de départ à Cancale. Après une petite nuit pas trop mauvaise. Un lever tôt (5h du matin pour Bruno et moi), nous arrivons à St Malo sous un soleil brumeux et retrouvons tout le groupe de copains motivés pour faire chacun un bon temps.

Je retrouve Marina, et prenons place dans la navette qui nous emmène sur notre lieu de départ : Cancale. Ce trajet nous permet de discuter, voir de blaguer sur le fait qu’il va falloir tout refaire dans l’autre sens mais en courant. L’atmosphère est détendue et je me sens « bien dans mes baskets ».

Arrivée sur place et après les préparatifs, nous faisons quelques tours d’échauffements autour du stade.

-8h15 : je pars me placer avec ma copine Marina dans le peloton de départ. « Pas trop loin », nous avait dit Bruno, mais franchement il y a tellement de monde (3200 coureurs) qu’à défaut d’être bien placée nous étions tout près de Mario avec son vélo. Tant pis ! Ce qui m’intéresse, moi, c’est mon temps au passage de la ligne, pas le classement.
Nous retrouvons Nico M, qui lance deux, trois blagues pour tenter de nous « déconcentrer » ?
Bon, trêve de plaisanterie !

-8h30 : le départ ! Je vois le groupe qui avance et je mets 2mn pour passer la ligne de départ. Je me dis qu’il ne faut surtout pas que j’oublie de mettre en route mon chrono. TOP c’est parti ! J’essaye de rester à hauteur de Marina, mais ce n’est pas facile, le groupe est trop dense, nous nous donnons des coups de coude sans le vouloir. Bruno m’avait dit de faire le premier km en 5’ mais ce fut impossible. Déjà fallait rester dans la course sans se faire bousculer.

Km 1, Marina l’a vu la première, j’ai failli le louper. Je suis vraiment surprise de le voir aussi rapidement. Déjà 1 km ! J’ai vraiment l’impression de n’avoir fait que quelques mètres ! 5’38. Plus lent que prévu mais je préfère ne pas partir trop vite.
Je discute avec Marina, sans me sentir essoufflée. Nous accélérons un peu pour trouver un rythme raisonnable « de croisière » : 155 de FC (fréquence cardiaque). Parfait. Je tiens à ne pas dépasser les consignes que mon cher mari-entraîneur nous avait indiqué : « rester sous 160 » jusqu’au 10ème, après on verra.
Je me sens très bien, les jambes tournent bien. Je passe le 2ème km sans encombre, 5’27. OK, je suis contente, j’ai réussi à accélérer et maintenir la FC prévue. Je discute toujours avec Marina qui comme moi, trouve que les kms défilent vite. Peut-être le fait d’être deux ?
Je surveille régulièrement mon cardio qui se stabilise. Km 3, le 4 et bientôt le 5 : premier point de ravitaillement.
J’en profite pour boire et repars avec ma binôme, juste derrière Mario qui pousse toujours son vélo. Nous le doublons et prenons le temps de nous retourner pour qu’il nous prenne en photo (à sa demande).
Je suis contente !
Bizarre le 6ème km est long. Marina me dit que nous avons dû le rater, nous avançons déjà vers le 7ème.
Déjà ! Plus que trois et ça fera dix. Je n’ai pas du tout l’impression d’en avoir couru autant. Tant mieux, pourvu que ça dure ! En tout cas, la langue n’est pas fatiguée, je ne suis pas assez essoufflée pour arrêter de discuter de choses et d’autres avec ma copine de course à pied.
Elle non plus d’ailleurs, nous nous demandons de temps en temps si tout va bien, nous prenons notre pied !

C’est vraiment génial !
5’20 pour le 8ème, toujours moins de 160 de FC. Impeccable, avant d’aborder la côte du Guesclin. Je la connais bien celle-là. Je viens de temps en temps en famille sur cette plage. Le dernier lundi de Pentecôte, justement. Bruno m’avait même bien montré le 9ème km sur lequel nous étions tout juste garés. Ce jour-là, il m’avait dit « tu vois, ça monte, ce sera le 9ème, faudra ralentir, etc…… ».

Je raconte tout ça à Marina, et abordons la montée prudemment et sereinement, toujours l’œil sur le cardio. 162 de FC tout de même ! Un tout petit peu haut mais ça monte ! Et les encouragements des spectateurs nous poussent. Nous doublons un joueur de Cornemuse.
Super ! Arrivée en haut, nous tournons à gauche, quittons le bord de mer et d’un commun accord, je tente de refaire descendre ma fréquence cardiaque et de reprendre un bon rythme.

Maintenant c’est le deuxième ravitaillement, juste avant le 10ème km. Un verre d’eau, deux morceaux d’orange, Marina finit son verre et je repars avec ma « compagne de semi ».

Km 10 : 56’56s ! Super ! Pas trop mal, je trouve. Dire qu’il y a 3 ans de cela, je terminais mon premier 10 km en 58’30s et j’étais crevée. Là, je fais moins, sans souffrir, en me forçant justement à ne pas aller trop vite, car c’est deux fois plus long.
Je réalise là, vraiment, ma progression sportive à force d’entraînements réguliers. Progression qui crée du plaisir à courir. Je vois ensuite, le 11ème km, le 12 et les spectateurs qui nous encouragent, les enfants qui veulent qu’on leur tape dans la main au passage. C’est extraordinaire ! Je dis à ma « coéquipière » que « maintenant nous tentons ce que l’on a jamais fait en course, dépasser les 10 ».
Tout se passe bien. Ma FC a atteint 160, 5’21 pour le 12ème.
Je garde ce rythme qui me convient.
J’attends la montée du 13ème et Marina guette « la côte du Lupin ». La voilà ! Ah, non ! Finalement ça ne montait pas assez dur. Marina me dit que nous ne l’avons sûrement pas encore passée. Allez, cette fois c’est la bonne ! D’ailleurs, je passe à côté d’une coureuse arrêtée sur le bord qui visiblement n’allait pas très bien. Elle est peut-être partie trop vite ! Moi, je me sens bien et je gère la montée tranquillement. 5’43. Belle montée !
Je commence à ressentir des tensions dans les jambes, Marina me dit qu’elle aussi. Ca me rassure, ça doit être normal à ce moment de la course. 1h18 que nous sommes partis !
Nous pensons toutes les deux à Thierry, qui lui, doit arriver ou est arrivé à ce moment-là. Nous on en est qu’au 14ème !

Puis voici, le km 15. Troisième et dernier ravitaillement. Je vois des verres sur la table. Des rouges, des blancs. Je prends le premier qui me tombe sous la main. UN ROUGE ! Beurk !
C’est sucré ! Trop sucré. Je me suis trompée, erreur de débutante sur une longue course. Ce n’était pas de l’eau mais une solution énergisante. Je le jette et prends un verre BLANC, de l’eau.
Marina m’attends pour repartir ensemble, et m’explique que ce n’est pas grave d’avoir avalé du sucre. Je ne risque pas l’hypoglycémie à ce moment là de la course. Nous serons arrivées dans une demi-heure. Et oui ! Voilà 1h24 que nous courons. Marina me précise que Bruno, est sûrement pas loin de l’arrivée. Nous sommes moins fraîches qu’au départ mais boostées par le challenge et le plaisir de faire un semi ensemble. La preuve : 5’11 pour le 15ème km.
Je suis heureuse !

Je commence à penser et analyser les 3 derniers kms, qui nous a-t’on dit sont longs. Il paraît que l’on aperçoit les remparts de St Malo, mais que justement c’est le piège. Il ne faut pas croire que nous sommes arrivées, ne pas aller trop vite trop tôt. Les 3 derniers seront les plus durs.
Les jambes commencent à souffrir. J’ai le talon gauche qui me tire, un poing douloureux apparaît sous mon genou gauche. Ah ! Non ! Pourvu que je tienne jusqu’au bout. Marina sent que je commence à fléchir et m’encourage.
Je me force d’oublier ces petites douleurs en pensant à autre chose. A ce 13 juin, qui pour moi il y a 5 ans, fut le jour d’un grand départ familial, malheureux, bien triste. Je n’ai pas le droit de m’arrêter !
J’arrive sur le remblai. Les spectateurs, les promeneurs sont nombreux à nous encourager. Il y a du monde sur la plage aussi.
Allez ! Plus que trois ! J’accélère sans m’en rendre compte. La joie d’arriver sur ce bord de mer et l’ambiance me pousse. Marina aussi. Nous remarquons que notre FC monte à 166. Tant pis ! on a accéléré mais je m’en sens capable.

Km 19 : je remarque que je n’ai plus de douleurs. Les jambes sont moins légères mais j’ai encore de l’énergie. J’imagine l’arrivée en voyant ces remparts s’approcher. 5’19 entre le 18 et le 19ème. J’avance, j’avance, Marina à mes côtés qui me lance « maintenant je crois qu’on va le finir ensemble ». Je crois que « oui » et j’en suis ravie.
Mais c’est au tour de Marina de montrer des signes de fatigue. Moi, je me sens de pousser des ailes. J’accélère et elle me dit qu’elle ne peut pas aller si vite tout de suite. Alors je me remets à son niveau en me disant qu’il vaut mieux être prudente et finir correctement.

C’est là que j’aperçois Bruno qui nous rejoint. Je m’en doutais ! Il nous encourage vivement ! Nous dit de courir sur le côté gauche pour que Françoise puisse nous prendre en photo.

J’accélère un bon coup. 174 de FC. Oh, mon dieu ! Pourvu que je tienne ! Là, je suis vraiment essoufflée mais j’avance. J’entends quelqu’un dire « elle court rejoindre son amoureux ». J’ai pensé : « Non, il est juste derrière entre Marina et moi à nous encourager et s’enthousiasmer à nous voir arriver sous les deux heures.
Allez ! Encore quelques mètres, je vois l’arrivée. Je double, je double, je souris pour la photo de Françoise, je donne un dernier coup d’accélérateur, la main sur le chrono prête à l’arrêter juste sur la ligne. TOP ! 1h56mn30s, m’indique t’il.

Waouh !!!! Voilà ! Arrivée ! Je me retourne pour attendre Marina, quelques petits mètres derrières, 4 secondes exactement. Nous nous tapons dans la main. Ca y est ! C’est fait !
Nous n’en revenons pas. Je me sens euphorique, heureuse ! La fatigue : oubliée. Les douleurs : envolées. Nous savourons ce premier semi finit que je ne VEUX pas oublier.
Savourez l’arrivée, me disait Bruno la veille. Je savoure l’arrivée mais je crois que j’ai aussi savouré les 21km100 et en plus avec ma copine Marina !

Sans elle, je suis sûr que je ne me serais jamais lancée dans une aventure pareille. Les sensations sont différentes que sur un 10. Ca nous a paru presque plus facile, même si c’est plus long. Les kms ont défilé assez vite, je n’ai pas l’impression d’en avoir fait autant. Cela me paraissait presque impossible avant alors que maintenant « j’en suis capable » comme n’arrêtait pas de me dire mon entraîneur de mari. Que je remercie de m’avoir encouragé avant, pendant et il continue toujours.

1h56mn30s de plaisir.

Aujourd’hui, je peux le dire, je recommencerai l’aventure……….avec Marina ?

Bonne lecture.

Bénédicte

15.06.10

Permalien 23:15:42 par Sabine, Catégories: Courses, Compte-rendu

Découverte du triathlon à Cesson le 2 mai 2010

Essayer un triathlon trotte dans ma tête depuis quelques temps.
En novembre dernier, je fais le « pari » avec un ami de faire le triathlon découverte de Cesson.
Nous faisons pas mal de VTT ensemble et décidons donc de commencer les entraînements en piscine. (en fait je n’aurai pas beaucoup l’occasion d’y aller)

Quelques jours avant l’épreuve, nous sommes 4 amis inscrits. Nadia (de SII), Gaël et Julien.
Bilan de la préparation depuis janvier: un footing par semaine, pas de piscine et une sortie VTT.
La veille, nous récapitulons les différentes tenues nécessaires et le moyen d’enchaîner les épreuves.
C’est le jour J. Je ressens une excitation telle que lors de ma première course.
J’arrive en avance pour voir le départ de l’épreuve sprint. C’est impressionnant de voir tout le monde foncer dans l’eau au coup de pistolet.

Dans le parc à vélo, chacun a sa place attribuée. Je “copie” mes voisins pour m’installer.
Une copine m’a prêté un VTC (un peu mieux moins lourd que mon VTT) mais les roues sont encore trop grosses pour rentrer dans le rail.
Je dispose ma serviette par terre, et essaie d’optimiser le placement de mes vêtements sur les conseils de mes voisins.
Les habitués sont rassurants : ” tu verras c’est une bonne ambiance, en plus ils expliquent super bien le déroulement".

Le shorty est enfilé, le bonnet sur la tête, direction le briefing.
On avance jusqu’au milieu de l’étang. Plouf, tout le monde à l’eau. Persuadée qu’on va nous laisser quelques sec pour gouter l’eau je prends le temps de me recoiffer (ben oui sous le bonnet c’est important). et la le coup de pistolet part. je me retrouve avec le bonnet dans une main et les lunettes dans l’autre…. Je pense à mon médecin qui m’a bien dit “il faut essayer de prendre de l’avance pour la natation".
Je pars dans les derniers, au moins je ne prends pas trop de coups. J’opte pour la brasse coulée…Je commence à dépasser du monde. Arrivée à la bouée qu’il faut contourner, je commence à me heurter aux autres.

Ca se fait bien 250 mètres de nage, mais pourquoi est ce qu’ils ne courent pas les gens en sortant de l’eau?
Je comprends vite dès que j’ai le pied sur la terre ferme. Les 3 premiers pas, j’ai les jambes coupées. Allez je ne reste pas trainer, je me mets à courir et commence à enlever la combinaison.
Nadia est déjà arrivée au parc à vélo. Julien et Gaël sont toujours dans l’eau.
Je fais preuve d’une grande efficacité pour me changer et pars sur le parcours vélo avant mes 3 amis.

Je manque de souffle et j’ai super soif pendant le premier kilomètre. J’aurai du boire un peu.
Le parcours n’est pas extraordinaire. pas de grande difficultés.
La plupart ont leur vélo de course. Je fais une partie du chemin avec un gars qui me double dans les descentes et que je rattrape dans les côtes. Sur le plat on papote un peu.
Grosse montée, tant pis je prends de l’avance.
Julien me dépasse rapidement.
Le parcours fait un aller retour, je croise Nadia et Gaël quand je fais demi tour.

Retour aux étangs après 10 km de vélo. La descente est rude. je trottine tranquillement jusqu’au parc à vélos. (impossible d’aller plus vite)
Je pose mon vélo et pars pour la dernière épreuve: 3km de course à pied. Je croise Pascal Morin qui fait partie de l’organisation. Petit coucou!
Je mets 1km à me sentir bien et trouver un rythme qui me convient. Le passage Vélo-course m’a coupée les jambes.

Je repense aux entrainements de Bruno et aux premiers footing avec Camille en faisant le tour des étangs.
l’arrivée est proche, il y a beaucoup de monde pour nous encourager même si nous sommes dans les derniers.
Je passe la ligne d’arrivée avec le sourire, bien contente d’avoir fait ce triathlon.
Julien est déjà arrivé. Gaël arrive 30 sec derrière moi, Nadia est juste après. On a quasiment eu le même rythme tout du long.

Résultat : 50 min 50
Très bon moment. Ca ne parait rien quand on prend les distances séparément mais l’enchainement n’est pas si simple que ca. Et puis il faut avoir l’entrainement pour se changer rapidement.
On remet ça quand???
(pour info ça nous a tellement plu qu’on a fait celui des étangs d’apigné 15 jours après)

Sinon ce triathlon était une épreuve de qualification des minimes….On prend quand même un coup au moral quand on voit les résultats des jeunes de 13ans…

le lien vers les photos: http://picasaweb.google.fr/sabine.marchaland/TriathlonDecouverteCesson2010#

07.06.10

Permalien 18:45:50 par Pierrot, Catégories: Courses, Route, Compte-rendu

Marathon du Mont Saint Michel : 9 Mai 2010

“Un retour à la compétition sur la plus mythique des distances”

9 Mars 2010 vers minuit je confirme sur le site du marathon du Mont Saint Michel ma participation à l’épreuve : ce sera le 9 mai, départ 9h00.
Je reviens aux sources, 6 ans après ma première expérience sur Marathon. Un grand moment d’émotion partagée avec mon pote Bruno, qui a découvert les 42km195 avec moi.
2 mois pour se préparer et revenir après une longue blessure qui m’a handicapé tout l’automne et une bonne partie de l’hiver.
2 mois pendant lesquels Bruno va m’aider pour préparer ce nouveau défi sereinement… et oui, la passion de la course à pieds et son grand cœur l’ont poussé vers la fonction d’entraîneur, voilà déjà 2 ans.

Un petit test de palier et me voilà avec un plan sur 9 semaines : ça fait du bien d’avoir un plan d’entraînement. Le dernier datait du mois de mai pour le semi de Caen. Là je suis un peu inquiet : je ressens encore parfois une petite douleur sous le talon. Le kiné m’a pourtant affirmé que je pouvais recourir. Les séances de VMA courtes sont un peu éprouvante. Je n’ai plus l’habitude. Je dois aussi courir à des FC très basses : 120 pulses! je me traîne comme un escargot, à moins de 10 km/h parfois. Mais tout cela paye au bout de quelques semaines. Je retrouve une allure footing qui me convient, mais je suis quasiment 20 pulsations en dessous qu’avant : incroyable! Les 3 dernières semaines se passent très bien, j’ai mon allure dans les jambes à force de la travailler. Je suis revenu à un bon niveau (pour moi) sur l’allure marathon c’est de bon augure. Mais l’objectif n’est pas d’aller chercher le record : juste de retrouver de bonnes sensations sur la distance, sans se blesser à nouveau ou se faire trop mal. J’ai eu un peu mal partout pendant la préparation, notamment à la jambe droite et aux 2 talons d’achille. Mais la période de repos (relative) des 2 semaines précédents le marathon va faire passer tout cela.

Nous apprenons quelques jours avant le départ que pour des raisons de retransmission télévisée le départ sera donné à 8h30 au lieu de 9h. Depuis plusieurs jours le vent est orienté au nord - nord est, et cela va durer. Il n’est pas dans le bon sens pour la course, il faudra lutter. Mais au moins il ne fera pas chaud. C’est un moindre mal : la chaleur est mon ennemie n°1 en course à pieds.

Le jour J, petit matin :

Christophe, un collègue passe me chercher à 6h pour aller retrouver Bruno qui nous emmène. Le RV est à Cesson, avec un autre Christophe (entraîné par Bruno) et André Sicot. C’est ma 1ère rencontre avec Dédé Sicot de la JA Melesse. Je suis impressionné, c’est un vrai champion de course à pieds (record à 2h20 et régulièrement entre 2h30 et 2h40 sur cette distance), et il est super sympa et accessible. Message perso : reste comme ça Dédé! ;-) au plaisir de te revoir.
Arrivés à Cancale on se prépare rapidement. Puis on retrouve Jean Daniel qui sort de son hôtel : échauffement sur le port. Et oui, même si on va courir 42km on s’échauffe un peu, on fait monter les pulses. On trottine sur a jetée : le vent manque de me retirer la casquette, ça souffle fort!
On voit le Mont : il est tout petit, mais il est bien visible. On mesure la distance à parcourir, ça effraye un peu. Pourtant je l’ai déjà fait…
Nous rentrons dans le SAS pour ne pas être trop loin du départ : on passe par dessus la barrière. Il y a encore un bon 1/4h d’attente. Je regarde les coureurs autour de moi : des montres Garmin partout.
Il y a une super ambiance je trouve. Faire le départ depuis le port est une très bonne idée, c’est très convivial. Ca enlève du stress qui est habituel sur marathon.
Les nuages s’écartent et un rayon de soleil fait son apparition 30 secondes avant le départ, c’est un peu magique. Je me rappelle les consignes : FC cible 158. Ma cible : 3h12 soit 4′30′’, l’allure travaillée.

Top départ : ça démarre avec une longue côte d’environ 2km, il y a du monde. Pas de stress, au cardio : 151 pulses.
Je suis avec Jean Daniel et Christophe de la JA. Christophe de SII n’est pas là : il est prudent pour son premier marathon et il a une petite douleur au tendon d’Achille.
Au bout de quelques minutes Christophe nous laisse partir : le marathon est généralement une course solitaire. Il y a 6 ans j’ai quand même couru 25 km avec Bruno. Avec JD on surveille nos pulses, on est dans le groupe des 3h15.
Tout va bien…

Km 2 : 0h10′03′’
La côte se termine, on a fait les 2 premiers kilo en 10′03 : 1 minute de perdue à cause de la pente c’était prévu : B) Les pulses n’ont pas été au dessus de la limite 152 mais je n’en suis pas sur car, comme d’habitude, le cardio s’affole les 1ère minutes. En revenant sur le plat je suis à 145, et on tourne à 4′35′’ au kilo, c’est très bon signe pour la suite, et conforme aux derniers entraînements. On redescend légèrement sur la gauche pour repiquer vers la côte et se retrouver en gros “au niveau de la mer", on récupère quelques secondes…

Km 5 : 0h23′23′’
Premier ravito : je m’alimente et je bois de l’eau même si le temps est frais et que je n’en éprouve pas le besoin. C’est important de faire cela à chaque ravitaillement, c’est à dire tous les 5 km. Je n’ai pas pris de gourdes, ni de gel cette fois ci : sucre et eau au début, fruits secs quand ils arriveront. Je perds Jean Daniel dans la bagarre pour récupérer une bouteille d’eau. Je suis allé à droite, j’ai cru le voir partir sur la gauche. Je suppose qu’il n’est pas bien loin… j’ai envie de faire une petite pause technique : à force de boire alors que je n’ai pas spécialement soif c’est pas étonnant. Mais bon à priori je suis pas le seul : j’en vois plein qui s’arrêtent…
Les kilomètres défilent tranquillement, il y a une bonne ambiance dans le “peloton", mais c’est assez compact, je n’aime pas trop. Il faut faire attention à son voisin de devant, et derrière ça arrive de sentir le bout d’une chaussure qui vient taper dans le talon… à 4′30′’ au kilo une chute peut faire assez mal sur le bitume.
Mes pulses sont toujours nettement sous les 150, j’ai des fourmis dans les jambes, mais le vent qui est assez fort et de trois quart face (gauche) me fait un peu peur.
Mais c’est le groupe 3h15, j’espère faire mieux aujourd’hui : quelle stratégie adopter? sortir maintenant et trouver un autre groupe devant? Attendre sagement mon heure avec des pulses sous la cible jusqu’au dernier moment et finir fort?

Km 10 : 0h46′
Du fait que je suis dans le groupe je ne vois pas tous les panneaux. Le 10 par exemple je l’ai raté, mais en gros j’y suis en 46 minutes. J’ai toujours envie de faire une “pause technique” depuis quelques minutes, c’est peut être le moment de tenter une sortie du groupe : c’est parti, je me déporte sur la gauche du groupe, et je double tranquillement. Le vent est gênant. Je m’arrête au bout de 4 ou 5 minutes le temps de prendre assez d’avance pour m’arrêter et repartir avec le groupe qui m’a repris. Je me retrouve un peu coincé sur le côté droit, à courir à moitié sur le bitume abîmé, moitié dans l’herbe au bord de la route. On traverse les villages de Hirel et arrive Le Vivier / Mer. Les restaurants proposent des huitres. Les spectateurs sont là mais pas très nombreux et pas très encourageants. Je vois des coureurs devant le groupe, quelques uns sont en petit groupe.
Au bout d’1h de course, au 13ème kilomètre, je décide d’essayer de faire ma course : rester dans ce groupe à me faire porter ça ne me convient pas tout à fait. Je sais que je pourrai rester là longtemps, et attendre mon heure sur les derniers kilomètres du parcours, mais c’est pas mon genre ;-). Allez c’est parti : le vent de face! Je m’éloigne doucement du groupe mais mes pulses prennent tout de suite plusieurs unités. Je fais attention à ne pas dépasser la zone 152-155 pulses que j’ai travaillée à l’entraînement. Je suis passé de 4′35′’ au kilo, à 4′27′’ en gros, c’est pas cher payé, tout cela à cause du vent.

Km 15 : 1h08′49′’
Je rejoins des petits groupes que je passe doucement, puis je finis par trouver un groupe d’une dizaine de coureurs, qui a l’air de bien s’entendre et qui court à une allure qui me convient.
Au km 17 il me semble que la physionomie de la route change un peu, mais ce n’est pas encore les polders : on arrive en vue de Cherrueix. Cela me rappelle mon premier marathon. Là c’est plus animé. Ca redonne un peu de courage, car on est encore loin de l’arrivée : je trouve ça un peu long les marathons, surtout au 15ème, une fois l’euphorie du départ passée…

Semi Marathon : 1h37′36′’
Le semi approche, enfin! Au niveau musculaire tout va bien, niveau pulses je suis dans les clous, mais j’avance moins vite que je ne l’espérais en sortant du groupe tout à l’heure.
Semi marathon : 1h37′36′’. Le groupe 3h15′’ est en retard, mais en me retournant je vois qu’il n’est même pas à 300m. :-(
On s’encourage dans notre petit groupe, on sait bien que c’est pas le moment de partir. Il y en a un parmi nous qui court avec un gros short en coton et un marcel rayé en coton aussi : je me dis que c’est surement sa première course, mais il a une belle foulée, il est athlétique. Je l’observe, je me demande comment il va tenir. Il y en a un autre qui est beaucoup plus “à la page” niveau tenue. Tout en noir, et grandes chaussettes blanches. Il parle beaucoup dans le groupe, plutôt sympa et grande gueule du genre à engueuler la moto officielle qui klaxonne pour passer. Il s’appelle Loïc, je l’ai retrouvé après sur les photos du marathon et dans la liste d’arrivée.

Km 25 : 1h54′44′’
ça sent le polder…. ça y’est, la route bifurque carrément. Le revêtement change. Encore un souvenir de mon premier marathon en 2004 : c’est là que Bruno et moi nous étions séparé, à l’entrée des polders.
C’est plutôt agréable : de arbres ou de grandes haies nous protègent bien du vent. J’ai l’impression qu’on m’a enlevé le frein à main. Je me prends à espérer que ça va être comme ça jusqu’à la fin. En même temps on sent beaucoup plus la chaleur des rayons du soleil.
Je continue à prendre mes temps de passage qui tourne toujours autour de 4′25′’ - 4′30′’ et à regarder mes pulses qui montent un peu : j’atteins le palier des 158 pulses qui est ma FC cible sur ce marathon.
ça tournicote bien, on ne voit plus trop le Mont Saint Michel : un coup à droite, un coup à gauche, parfois derrière… mais il se rapproche, il est déjà beaucoup plus gros que tout à l’heure. J’ai hâte de passer le 30ème kilomètre. Hélas on a quelques longues lignes droites où le vent ne nous épargne pas : ça devient un peu dur. Heureusement que je connais ces sensations.

Km 30 : 2h17′55
Au ravitaillement le groupe se disloque un peu, tout le monde ne repart pas à la même vitesse ou ne prend pas le même temps pour se restaurer. J’arrive à rester avec Loïc et le mec en “marcel” (appelons le Marcel) et quelques autres. Une petite alerte : sur une foulée un peu enlevée je sens une sorte de crampounette derrière la cuisse. Je calme un peu en m’appliquant à économiser le mouvement. Je n’ai jamais eu de crampes sur marathon, ce serait trop bête.
32ème kilo, allez plus que 10km. Je suis plutôt en 4′40′’ maintenant. L’effort pour repasser en 4′30′’ serait trop important j’ai l’impression. Loïc nous encourage, et parle de s’économiser pour accélérer “avec Pierrot” à partir du 37ème. C’est ça d’avoir un maillot avec son prénom dans le dos, après on vous lance des défis alors que c’est pas le moment… je lui fais un sourire, du genre “on verra bien à ce moment là". Je le sais déjà que je vais pas pouvoir le suivre, pourtant j’aime bien faire plaisir à ceux qui croient en moi. ;-) Les jambes commencent à me faire bien mal. On approche de l’endroit ou Bruno devrait se trouver, ça aide à tenir.

Km 35 : 2h41′54′’
Je me retourne encore, le groupe des 3h15 s’est rapproché. C’est à peu près sur je vais me faire reprendre. Cependant je n’ai pas spécialement de regrets par rapport à ma stratégie. Loïc réussit à tenir une allure que nous ne tenons pas avec “Marcel".
Tout à coup je vois Bruno avec son appareil photo. Il m’encourage, ça fait du bien. Je lui dis que ça commence à tirer, il doit s’en douter : je grimace un peu je pense. Je crois comprendre que JD est un peu devant : c’est super, pour un premier marathon c’est une belle perf.
Photo de Bruno : à ma droite vous apercevez Marcel (dossard n° 4770)…
Pierrot

Et voilà ça y’est le groupe 3h15 me reprend, je me mets dans le sillage, voir dedans. J’arrive à tenir, mais je dois faire un petit effort pour ne pas laisser celui de devant s’éloigner. Je sens que ça pousse un peu derrière… je vais tenir 5 bonnes minutes, puis je lâche doucement, quel dépit… surtout que Marcel s’accroche lui. J’ai ma réponse…

Le groupe 3h15 au 38ème kilomètre (photo du site normandiecourseapied.com) : Il y encore du monde!!

Un stand d’épongeage : je trempe la casquette pour me rafraîchir en regardant Marcel et le groupe 3h15 s’éloigner petit à petit.

Km 38 : 2h56′12′’
Nous arrivons au pont de Beauvoir, beaucoup de monde à cet endroit, ça redonne un peu la pêche. Le Mont est très gros maintenant, on a l’impression que l’arrivée est proche, ça redonne du courage. J’ai retrouvé un nouvel acolyte : Alain, barbe blanche bien taillée, V3 je pense (respect), qui toutes les 15 secondes “ahane” bruyamment comme si il allait crever sur le bord de la route. Mais d’où vient-il ? Les spectateurs paraissent inquiet (comme moi) à l’entendre passer….

Moi et Alain
ou plutôt le contraire (photo du site normandiecourseapied.com).

On arrive au ravito du 39ème kilomètre, je prends un peu de raisin sec au passage et un peu d’eau. Alain me dit que “ça va pas hein?” (j’avais remarqué) et je le vois s’arrêter au stand abricot sec ou banane je ne sais plus. Moi je continue. Maintenant c’est une longue ligne droite. Je fais mon pire kilomètre : 5′13′’. J’ai marché un peu, quelques secondes. Puis j’ai vu que c’était pas mieux de marcher, ça allait surtout être plus long. Donc je repars, à la faveur d’encouragements.

Km 40 : 3h06′11
Je passe les 40km, quelque part ça fait du bien. 3h06… c’est mon record, à Nantes en 2008. Mais on est en 2010, et j’arrive au Mont Saint Michel…
Toujours cette longue ligne droite.

Photo de la ligne droite (à droite) avant d’arriver au Mont Saint Michel (photo Bruno):
Ligne droite vers le Mont

Les jambes font mal, toujours au même endroit : les quadriceps. Pourtant j’ai pas séché beaucoup de séances de PPG. Celui de droite plus que celui de gauche. Mon aponévrose au pied gauche se réveille un peu… il est vraiment temps que ça s’arrête.
Je repasse néanmoins sous les 5 au kilo, la foule nous encourage, et je vois enfin l’arche d’arrivée et la ligne, le mont est tout proche derrière. Au moment où je vais passer la ligne on me double dans un râle assourdissant : sacré Alain !…
Temps final : 3h17′50′’.
470ème au scratch sur 3865 coureurs.

A l’arrivée je retrouve tout d’abord Michel un copain de Ouest-France : il a pas l’air très bien : 3h00′47′’ (rageant non?). Il lui est arrivé la même histoire que moi mais avec le groupe 3h. Je retrouve aussi JD sur un petit nuage avec ses 3h16. On croise Christophe de SII qui a mis 3h34 pour son premier marathon : super. Je croise aussi André de l’ASPTT qui fait une belle course au côté de la première féminine et finit en 2h45, à la 30ème place je crois.
Michel nous dépose en voiture avec JD au pont de beauvoir où nous retrouvons Bruno et la bande du JA Melesse. Un Pic Nic très convivial s’ensuit. Il y a eu de belles perfs pour la JA. Dédé est un peu déçu, ses adducteurs l’ont lâché…

Je suis content d’avoir fini ce marathon, je regrette à peine de ne pas avoir atteint l’objectif des 3h12 que je m’étais fixé depuis quelques jours. Les conditions n’étaient pas favorables, et il ne s’agissait pas de tenter un record. Je voulais juste revenir sur la distance après celui de Barcelone en Mars 2009 et après cette blessure qui m’a fait repartir de très loin au mois de Novembre. J’ai acquis une certitude c’est que courir dans un groupe permet de s’économiser surtout si le vent est gênant. D’autre part l’entraînement de Bruno basé sur des footings à FC très basse par rapport à d’habitude m’a apporté beaucoup à l’allure marathon : à continuer sur les prochains entraînements.
Un gros merci à Bruno qui m’a accompagné sur tout ce marathon avec ses conseils et la prise en main de l’entraînement.
Je remercie aussi Armelle, ma chérie, et les enfants qui me soutiennent pendant toute la préparation, et qui me voient partir courir pendant des heures le WE (alors qu’on pourrait aller à la piscine, jouer au tennis, faire la grasse mat’…).
Et merci à tous d’avoir lu jusqu’au bout!

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